Interview de Tatiana, créatrice de Vertile allié du design et de l’écologie
Nous avons rencontré Tatiana Orlovic, jeune ingénieure et fondatrice du projet Vertile. Passionnée de robotique, de design et d’écologie. Elle met son savoir-faire au service d’une idée simple : rendre la nature accessible à toutes et tous, même en ville.
Bonjour Tatiana, pouvez-vous vous présenter et nous expliquer votre rôle dans ce projet ?
J’ai un parcours qui s’est construit petit à petit, au fil de mes convictions et de mes passions. J’ai suivi une formation d’ingénieure en électronique et sciences de l’environnement à l’École Polytechnique, avant de poursuivre un Master 2 en robotique à Sorbonne Université. C’est à ce moment-là que j’ai découvert Pépite Sorbonne et SUMMIT. En arrivant en M2, cela faisait déjà 2 ans que j’avais rencontré Ludovic Saint-Bauzel, chercheur à l’ISIR, avec qui nous avons commencé à travailler ensemble sur, ce qui au début devait être un robot dédié à l’agriculture urbaine et a très vite dévié vers les murs végétaux que sont Vertile aujourd’hui. Cette rencontre a été déterminante. Elle m’a inspiré la création de Vertile, un projet à la croisée du design artistique, de la robotique et de l’écologie. C’est un projet qui relie la mécanique, la créativité, le contact humain et une véritable dimension environnementale.
Comment est née votre idée de mur végétal et quel objectif souhaitez-vous atteindre avec Vertile ?
C’est une idée qui s’est construite en plusieurs étapes, à commencer par mes questions d’orientation en 2 année d’école d’ingénieurs. À l’époque, j’étais un peu perdue entre l’envie de travailler sur des robots, mais aussi le besoin de leur donner une dimension utile et écologique.
J’ai donc contacté, de façon plutôt désespérée, plusieurs professeurs chercheurs et anciens camarades pour trouver une voie qui fasse sens. C’est ainsi que j’ai rencontré Ludovic Saint-Bauzel, qui cherchait à travailler sur un robot solaire pour l’agriculture urbaine. Après cette rencontre, je suis partie en stage d’été, où j’ai pu explorer à mes heures perdues les enjeux du végétal en ville. Mon constat a été simple : il existe beaucoup de solutions pour les toits, mais très peu pour les murs. C’est ce qui m’a conduite à vouloir travailler sur le vertical… et à commencer à travailler avec Ludovic sur ce qui, petit à petit, est devenu Vertile : un système de murs végétaux modulables qui favorise la cohésion sociale et l’appropriation collective.
En quoi l’accompagnement de SUMMIT vous a-t-il aidée à avancer dans vos réflexions et vos prototypes ?
Grâce à Pépite Sorbonne Université, j’ai pu être accompagnée par SUMMIT sur la partie volets végétalisés. J’ai travaillé avec Alexandre Guerre, directeur du Département Technique Ingénierie et Systèmes (DTIS) et ingénieur chez SUMMIT. Nous avons d’abord réalisé un brainstorming autour du modèle 3D, avant de passer à la phase de prototypage au FabLab. J’aurais pu faire ces étapes seule, mais cet accompagnement m’a apporté un autre regard. Travailler à deux, c’est confronter les idées, aller plus vite et explorer des pistes que je n’aurais peut-être pas envisagées seule.
Quelles sont les prochaines étapes pour votre projet et comment imaginez-vous son évolution à plus grande échelle ?
La prochaine étape est de terminer mes études par notamment la validation de mon stage de fin d’études en tant qu’entrepreneure. Vertile va continuer à évoluer, notamment avec la finalisation du chantier du second mur et du système de volets. En décembre, je présenterai le projet au salon Paysalia, dans l’espoir d’obtenir mes premières commandes. Je souhaite aussi développer des ateliers réguliers, avec davantage de partenaires pour valoriser les compétences mécaniques et la création collective autour du végétal. À terme, je veux faire de Vertile un réseau vivant, où technique, écologie et art se rencontrent.